4 points pour bien comprendre Lightning Network, le bitcoin 2.0 !

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A l’heure où le cours du bitcoin connaît des difficultés depuis le début de l’année 2018, il est important d’envisager l’avenir. Un futur incertain : ensoleillé, nuageux ou orageux ? Seule certitude, le bitcoin continue d’être la locomotive des cryptomonnaies puisque la quasi-totalité suit son cours, à la hausse comme à la baisse.

Cette morosité passagère pourrait être atténuée par l’arrivée de Lightning Network. Lightning what ? Pour résumer en une phrase, il s’agit d’améliorer la fluidité de la blockchain bitcoin. Une tuyauterie un peu encrassée par un nombre de transactions trop important pour elle. Comme si votre baignoire se vidait de son eau en une heure au lieu de quelques secondes. Cela fonctionne mais pas comme on le souhaiterait; L’objectif de Lightning Network est de permettre une vidange à nouveau en quelques secondes !

Voici l’essentiel de ce que vous devez retenir en 4 points.

Comment bien définir le problème actuel ?

La difficulté est liée à la scalabilité du bitcoin. Ce mot un peu barbare est la capacité à s’adapter à une augmentation exponentielle de la demande sans subir de conséquences néfastes en terme de performances. En d’autres termes, lorsque la demande passe de 1 à 100, il faut pouvoir répondre de la même façon, peu importe qu’il y ait 1 ou 100 demandeurs. Il faut donc une durée de traitement et une transaction à coût identique ou, au mieux, à coût inférieur. Or, le moins que l’on puisse dire, c’est que le bitcoin n’est pas un scalable.

Il n’est pas scalable car les enregistrements d’un nouveau bloc dans la blockchain (« chaîne de blocs », vous comprenez le principe) sont limités à un mégaoctet (Mo) et à une capacité de traitement pouvant aller jusqu’à 7 transactions par seconde (contre une dizaine de milliers pour Visa). Or, un bloc ne peut être créé que toutes les 10 minutes. Il est donc nécessaire que les mineurs travaillent plus et plus vite. La conséquence est alors double :

  • la validation d’une transaction prend beaucoup trop de temps, ce qui va à l’encontre de l’une de meilleures publicités du bitcoin, à savoir sa rapidité,
  • les frais de traitement par transaction ont explosé en décembre 2017, pouvant aller jusqu’à 30 dollars, ce qui a pour conséquence de rendre les petits paiements non rentables et surtout inutiles (des frais qui ont néanmoins baissé depuis mais qui restent un peu élevés). Ceci va aussi à l’encontre d’un des principes du bitcoin, à savoir un coût bien inférieur voire quasi-gratuit, même si vous envoyez vos bitcoins à l’autre bout du monde.

Le problème est donc, à la fois, la capacité d’un bloc limité à 1 Mo, et le nombre de transactions validées par seconde qui est trop faible pour répondre à la demande.

Des solutions mises en place loin de faire l’unanimité

Ces solutions sont principalement les fameux forks. J’en avais déjà parlé ici. La difficulté provient surtout des hard forks. Un hard fork se produit au moment où la blockchain se divise en deux livres distincts, en fonction d’un changement fondamental dans les règles régissant les protocoles du logiciel. En gros, les nœuds qui ne sont pas à jour du logiciel ne peuvent pas valider ceux qui l’ont été pour suivre les nouvelles règles du consensus. C’est comme si votre Windows 10 n’avait pas été mis à jour et que vous ne pouviez plus naviguer sur internet à cause de cela.

Les hard forks les plus connus sont la création de Bitcoin Cash (BCH) et Bitcoin Gold (BCG). Or, la création de ces cryptomonnaies n’a rien arrangé au problème de scalabilité du bitcoin et n’a pas vraiment aidé à rassurer le grand public (je ne rentrerai dans le débat du pour ou contre le BCH…). D’autres évolutions proposées, qui ne sont pas des forks, n’ont même pas vu le jour. La plus connue est SegWit2X qui fut abandonnée en novembre 2017.

Lightning Network pour les nuls

Lightning Network est utilisé depuis le 10 janvier et va se développer tout au long de l’année 2018. Il faut espérer que cela soit le plus rapidement possible. Mais son utilisation est réellement au stade embryonnaire.

Lightning Network permet que certaines transactions ne soient pas directement stockées sur la blockchain. Des canaux de paiement parallèles seraient alors créés en utilisant un protocole off-chain, situé à côté (off) de la blockchain principale (on-chain). Les transactions réalisées peuvent alors être traitées sans délai car elles ne sont pas validées dans la blockchain principale. L’un des canaux de Lightning Network conserve alors l’enregistrement des transactions sans les finaliser et envoie à une date précise les soldes finaux du canal off-chain à la blockchain bitcoin comme si cela était une seule transaction, fermant ainsi le canal.

En d’autres termes, si le canal comprend 100 transactions, seul le solde des 100 transactions est transmis à la blockchain, ce qui réduit de manière drastique le nombre de transactions que la blockchain bitcoin doit traiter. Dans l’exemple cité, le nombre est divisé par 100. La condition sine qua non est que les deux protagonistes se doivent d’utiliser Lightning Network… d’où une implémentation qui pourrait être un peu longue. Vous avez compris le système ? Quels sont donc les bénéfices à terme ?

Pourquoi Lightning Network est une révolution ?

L’idée géniale n’est bien-sûr pas de créer un nouveau canal de paiement pour chaque nouvelle transaction. Ce serait sans intérêt… Lightning Network permet plutôt que les canaux de paiement soient liés entre eux. Les nouvelles transactions peuvent alors être acheminées via les canaux de paiement existants au lieu d’en créer un nouveau à chaque nouvelle transaction. Non seulement les transactions entre deux protagonistes s’effectuent dans leur canal de paiement, mais aussi les transactions d’autres personnes. Celui qui a effectué la première transaction, « propriétaire » du canal, supporterait les frais de transaction mais ceux-ci seront largement inférieur à ceux pratiqués aujourd’hui. Néanmoins, ce point reste à préciser lors de la mise en pratique.

Mais quel serait le grand progrès d’une adoption généralisée de Lightning Network, en plus d’une rapidité retrouvée et de frais de transaction redevenus aussi bas qu’au bon vieux temps ? Ceux qui me suivent ont sans doute deviné… L’environnement bien-sûr ! Puisque seuls les soldes finaux d’un canal auront besoin d’être validés, le minage ne concernerait que ce canal et non pas chaque transaction. Une facture énergétique fortement réduite et donc, si l’énergie utilisée n’est pas verte, une forte réduction de l’empreinte carbone est à prévoir.

En résumé, que du positif et une amélioration certaine de l’image du bitcoin auprès d’un grand public qui regarde un peu trop les médias généralistes… N’oubliez jamais que les crypto-monnaies ont vocation à devenir universelles et non pas un joujou pour cryptophiles ! 😉

2 comments

  1. Davidlegrand50 Reply

    Très intéressant votre article. En vous lisant, j’ai enfin compris pourquoi on parle de la révolution de la blockchain bitcoin à travers Lightning Network. Depuis son arrivée le 10 janvier 2018, on peut dire que la blockchain bitcoin s’est un peu améliorée. Le délai des transactions est réduit et les frais bas. Personnellement, je ne rencontre aucun problème lors de mes transactions bitcoins sur la plateforme cryptofinancecorp. L’objectif de lightning Network sera sans aucun doute atteint au cours de cette année.

    • Benjamin Post authorReply

      Attention, Lightning Network reste encore au stade de l’expérimentation et son implantation sera probablement un peu longue. Si les frais et délais sont réduits, c’est tout simplement parce qu’il y a moins de transactions… Le mois de décembre 2017 était un mois exceptionnel !

      N’hésitez pas à vous abonner au blog si ce n’est pas déjà fait 🙂

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