Le forum de Davos ou quand les fossoyeurs de la finance s’en prennent aux cryptomonnaies

lagarde-davos-bitcoin

Davos, sa belle Suisse du mois de janvier, ses belles pistes enneigées, son sommet réunissant les plus belles plantes de la politique et de la finance mondiales. Le forum de Davos est la grand-messe de chaque début d’année. Certains estiment qu’il est indispensable pour décider du futur de nos sociétés. D’autres l’exècrent car il réunit en son sein tout ce que peut faire de pire la puissance financière. Mais, cette année, Davos a introduit une nouveauté que tous les cryptophiles attendaient : la peur voire la détestation du bitcoin et des cryptomonnaies.

Sous leurs beaux apparats, ceux qui ont créé les dernières crises financières sont les mêmes qui s’offusquent de voir un pan de l’économie leur échapper. Ils refusent de voir ces centaines de milliards d’euros hors du système ! Du dark web qu’ils disent, du financement de la drogue voire du terrorisme. C’est bien connu, comment Daesh se finance ? Avec du bitcoin pardi ! (en fait, il n’a été fait état que d’une seule personne ayant envoyé de l’argent au groupe terroriste). Le bitcoin est désigné comme le mal absolu, tout en s’abstenant d’évoquer les dernières décennies de crise et un futur morose. Voici mon coup de gueule sur le sujet, qui sera un peu long, j’ai pensé vite…

Le bitcoin et les cryptomonnaies sont illicites

Steven Mnuchin, le secrétaire du Trésor américain, proche de Donald Trump, essaie de rester soft en faisant du hard. Pour lui, le problème du bitcoin et des cryptomonnaies, c’est leur usage illicite ou potentiellement illicite. « Mon objectif numéro 1 est de tout faire pour que les cryptomonnaies ne soient pas utilisées pour financer des activités illicites » dit-il. Du grand classique en somme…

L’illicéité du bitcoin et des cryptomonnaies est une pensée lancinante des puissants. Eux qui ne jurent que par le système bancaire et financier actuel voient rouge lorsqu’une petite communauté placent ses billes en dehors du système. Qui dit en dehors du système dit de l’argent qui échappe à la finance mondiale. Il a été maintes fois répétées que le bitcoin ne finance pas plus la criminalité que l’argent liquide voire l’argent blanchi par les banques commerciales. Qu’à cela ne tienne, on laisse HSBC continuer ses activités tout en tapant sur le bitcoin, logique !

Christine Lagarde ou quand la visionnaire en carton retourne sa veste sur le bitcoin

La Directrice générale du FMI, c’est un peu ce qui se fait de pire en matière d’économie. Christine Lagarde, c’est une ministre de l’Economie et des Finances qui a été incapable de voir la réalité en face en 2008. Un article rassemble ses plus belles perles. Une année entière à nier la crise financière et ses conséquences désastreuses en France et en Europe. Un comble d’incompétence pour une ministre du secteur ! Quelle fut la sanction pour faute professionnelle de Madame Lagarde ? Une promotion comme directrice générale du FMI, un poste grassement payé avec de nombreux avantages. Si tous les salariés lambda pouvaient avoir la même veine…

Christine Lagarde a pourtant une bouée de sauvetage dans un océan de bêtises : elle fut l’une des premières du monde financier à évoquer en positif les cryptomonnaies. Elle a déclaré en septembre 2017 que les citoyens pourraient un jour préférer le bitcoin et ses consoeurs aux devises traditionnelles. Au vu de son intuition proche du néant, on pourrait alors s’inquiéter pour leur avenir. Mais, rassurez-vous, Madame FMI a dernièrement retourné sa veste pour affirmer, avec certitude que l‘anonymat du bitcoin est susceptible de faciliter le blanchiment d’argent et l’argent sale. Elle ajoute que ceci ne permettrait pas la stabilité financière et la transparence des transactions financières !

Ouf ! Retour à la case départ ! En parlant d’anonymat du bitcoin, Lagarde prouve une fois de plus son inculture puisque le bitcoin est, on le sait, pseudonyme. Parler de menace pour la stabilité financière et, plus drôle, de transparence prête à sourire. Peut-on alors expliquer aux citoyens comment les banques centrales peuvent créer des milliards pour sauver les banques commerciales ? Une création obscure, venant de nulle part (on parle de création ex nihilo), pouvant être décidée en quelques heures, pour sauver des banques commerciales qui s’engraissent souvent sur le dos des clients. Et Lagarde parle des cryptomonnaies comme d’une menace pour la transparence des transactions financières ?

La régulation du bitcoin et des cryptomonnaies comme nouveau cheval de bataille

Tous les grands dirigeants du monde sont d’accord sur ce point. Le monde des cryptomonnaies doit être régulé. En préambule, on peut observer que cela irait de pair avec le système financier actuel. En effet, les banques et les titres financiers sont en principe régulés. Mais il existe la réserve de ce que l’on a évoqué dans le paragraphe précédent avec la création monétaire. Une réserve essentielle puisque l’on parle de milliards d’euros…

A Davos, Theresa May et Emmanuel Macron ont lancé les hostilités. La Première ministre britannique suit la voie classique en estimant que les cryptos peuvent être principalement utilisées par les criminels en tout genre. Comme tous, May semble oublier que l’argent liquide est un véritable moyen de paiement anonyme et sans doute préféré pour financer les activités illicites. Mais passons… Il faut donc réguler le bitcoin et ses consœurs afin d’éviter que de l’argent occulte n’échappe aux autorités.

Emmanuel Macron propose encore mieux. Appelant à la régulation, le président Macron souhaite que la surveillance de la totalité du système financier mondial revienne… au FMI. Macron ajoute avec malice que le bitcoin fait partie des actifs financiers les plus agressifs, les mêmes qui sont à l’origine de l’instabilité de système financier et des crises qui en découlent ! Venant d’un ancien banquier d’affaires, on pourrait presque en rigoler. Au passage, ce cher Manu ne parle plus d’interdiction. Il est vrai que vouloir taxer quelque chose d’interdit relèverait de la gageure.

Là où tous les dirigeants de notre monde se trompent, c’est qu’ils estiment que le problème des cryptomonnaies est surtout l’usage qui en serait fait par des criminels en raison de cette absence de régulation. D’où les quelques appels à l’interdiction. Mais, si l’on suit cette acception, pourquoi continuer à autoriser l’argent liquide ? Il est le seul à aujourd’hui permettre un total anonymat transactionnel (avec certaines cryptomonnaies particulières comme Monero mais informatiquement, il est possible qu’il y ait une trace quelque part).

Faut-il réguler le bitcoin et les cryptomonnaies ?

Bouffés par leur ignorance sur les cryptomonnaies, apeurés par quelque chose qui leur échappe totalement, les dirigeants de notre monde sont dans le déni. Le bitcoin est le mal désigné, le diable qui fera dévisser un système dont ils ont creusé la tombe depuis bien longtemps. Pourtant, l’idée d’une régulation en tant que tel ne serait pas aussi démagogique et mauvais qu’on pourrait le penser.

Le chancelier britannique de l’Echiquier, Philip Hammond, est bien plus positif sur l’avenir des cryptomonnaies. Il estime que le bitcoin est un nouveau développement très intéressant, dont il ne faut pas nier l’impact futur sur l’économie. Plus généralement, les dirigeants sont unanimes sur une chose : la technologie blockchain, c’est génial ! Cette remarque peut paraître enfantine voire ridicule puisque le bitcoin est, plus ou moins, à l’origine de la blockchain mais c’est bien ce qui pourrait sauver les cryptomonnaies d’un lynchage permanent.

Une régulation raisonnée du bitcoin et des cryptomonnaies aurait, selon moi, un impact positif. D’une part, qu’on le veuille ou non, la majorité des citoyens ont peur pour leurs finances. Un actif  régulé par le système, qu’ils le soutiennent ou non, aura toujours un effet rassurant et le nombre d’investisseurs augmentera. Le cryptophile anarchiste n’est pas majoritaire et ne fera jamais passer les cryptomonnaies d’un nain financier à un système d’échange mondial.

D’autre part, une régulation raisonnée aurait pour effet de faire du bitcoin et des cryptomonnaies un moyen de paiement légal au sens strict du terme. Aujourd’hui, il reste une part d’ombre qui fait, encore une fois, peur à la majorité. Le but est de convertir cette majorité aux cryptomonnaies, une adoption qui aurait un impact négatif sur le système bancaire mais positif pour l’économie réelle.

Toutefois, une régulation sous l’égide du FMI serait une erreur. Dirigé par une incompétente, cette organisation est loin d’être exempte de tout reproche depuis plusieurs années, certaines citées en amont de ce long article. Il faut trouver une régulation concertée, en tenant compte des avis de tous les acteurs en jeu et pas seulement les acteurs financiers partiaux. Les entrepreneurs qui font partie du monde des cryptos, les pionniers comme Gavin Andersen (ou autre) par exemple, doivent aussi être intégrés à cette régulation future. Pour que les cryptomonnaies deviennent des outils financiers à part entière, reconnus et mondialisés.

1 Comment

  1. donia Reply

    Moi, je pense que c’est en raison de la volatilité du Bitcoin que certaines personnes ont peur de l’utiliser. Or, cette crypto-monnaie n’est pas dangereuse et n’est non plus une bulle spéculative pour moi. Bitcoin est le nouvel « or numérique » qui me fait gagner assez d’argent. Eh oui, grâce à l’échange de mes Btc sur le site réglementé Crypto-Logic.com, j’obtiens pas mal de fric sans me casser la tête. Pour moi, Davos n’a pas en s’en prendre aux cryptomonnaies, car elles procurent de nombreux avantages à leurs détenteurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *