Monero : origines, naissance, caractéristiques

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Monero (XMR), c’est un peu la cryptomonnaie rêvée de la Banque de France. Dans de nombreux communiqués, dont le plus intéressant est clairement celui-ci, la BdF s’est clairement placée en tête du front anti cryptoactifs comme elle les appelle. Il faut dire que la vénérable et vieille institution, créée en 1800 par le Premier consul Napoléon Bonaparte, sent clairement le vent des cryptomonnaies souffler de plus en plus fort sur son visage. De par de son caractère anonyme, le Bitcoin serait une passoire aidant au financement du terrorisme et au blanchiment d’argent. Rien que ça.

Les transactions anonymes, c’est la hantise des autorités financières. Des milliards qu’elles ne peuvent contrôler et utiliser. Or, l’on pourra faire dire ce que l’on veut sur le Bitcoin, mais il n’est pas anonyme et le financement d’activités occultes représenterait une part infime des transactions. Et ce n’est pas un vulgaire geek (aux yeux de la BdF) qui le dit mais le très sérieux office européen de police criminelle, Europol !

Or, Monero réalise l’un des vœux les plus chers de la Banque de France pour tirer à boulets rouges sur les cryptomonnaies : le caractère anonyme des transactions. Je ne vais pas plus m’avancer dans cette introduction, qui rendrait le reste de l’article redondant. Voici donc les origines, la naissance et les caractéristiques de Monero.

Origines de Monero

Toutes proportions gardées, Monero est à rapprocher du Ripple. Non pour ses fonctionnalités ou son protocole, mais parce qu’elle n’est pas un énième dérivé du Bitcoin. En effet, Monero tire ses origines du protocole CryptoNote. Il n’est pas utile de connaître toutes les spécificités techniques du protocole. Certaines seront d’ailleurs abordées dans la partie sur les caractéristiques de Monero. Mais la plus importante à connaître est que ce protocole permet d’anéantir toute traçabilité des transactions.

En octobre 2013, un certain Nicolas van Saberhagen a publié son livre blanc dans lequel il présente le protocole CryptoNote. Le Bitcoin est évoqué en premier lieu par ses inconvénients, dont la tête de proue est la traçabilité. Pour van Saberhagen, l’objectif est alors de créer un nouveau protocole permettant de rendre toute transaction invisible.

Le protocole CryptoNote est donc un prélude à la création d’un autre type de crypto-monnaie ayant pour objectif de contrecarrer les inconvénients du Bitcoin.

Naissance de Monero

Le 18 avril 2014 est annoncée la création de BitMonero, la crypto-monnaie appliquant les principes du protocole CryptoNote. Celle-ci est rapidement renommée Monero, qui signifie « pièce » en espéranto, la langue construite universelle.

Il n’y a pas besoin d’en rajouter plus sur la naissance de Monero. Ce qui importe ici sont les caractéristiques de cette cryptomonnaie.

Vous trouverez le site officiel de Monero en cliquant sur ce lien.

Caractéristiques de Monero

Si elle ne possédait pas de caractéristiques particulières, Monero ne serait connue que par la mère de son fondateur ! En effet, Monero doit sa renommée aux caractéristiques particulières de sa blockchain utiisant le protocole CryptoNote.

Des transactions anonymes

Premièrement, Monero est dotée d’un grand fantasme faisant d’elle un véritable cash électronique : un caractère anonyme et absolu des transactions. Comment est-ce possible ? La blockchain de Monero est configurée par les développeurs pour être opaque. Les détails de la transaction (identités des parties, montant) sont rendus anonymes en dissimulant les adresses utilisées par les participants.

Monero utilise les concepts de signatures en cercle (Ring Signature) et d’adresses furtives (Stealth Addresses) pour arriver à ses fins. Les signatures en cercle permettent à un expéditeur de cacher son identité aux autres participants d’un groupe, permettant de ne pas révéler quel membre a signé la transaction.

Pour générer une signature en cercle, la blockchain Monero utilise une combinaison des clés de compte d’un expéditeur et l’associe à des clés publiques sur la blockchain, ce qui la rend unique et privée. Cela permet de cacher l’identité de l’expéditeur, car il est impossible de déterminer laquelle des clés des membres du groupe a été utilisée pour produire la signature.

Les adresses furtives ajoutent une confidentialité supplémentaire, car ces adresses générées aléatoirement pour une utilisation unique sont créées pour chaque transaction au nom du destinataireL’utilisation de ces adresses furtives permet ainsi de dissimuler l’adresse de destination réelle d’une transaction et cache l’identité du participant destinataire.

Vous constaterez que c’est assez complexe et que cette présentation technique mériterait plus d’approfondissements.

Un processus de minage plus égalitaire

Deuxièmement, Monero diffère dans le processus de minage. Avec l’anonymat, le minage est fondé sur un concept égalitaire. Lors du lancement de Monero, ses développeurs ne se rémunéraient pas et comptaient sur la communauté et le don pour développer davantage la monnaie virtuelle.
Aujourd’hui, Monero soutient un minage où les individus sont récompensés pour leurs activités en rejoignant des pools, ou ils peuvent miner de nouveaux moneros individuellement. Le minage du Monero peut être effectué sur un ordinateur standard et ne nécessite aucun matériel spécifique ou circuit intégré spécifique à l’application (ASIC). C’est donc une grande différence avec le Bitcoin qui nécessite un matériel ultra-puissant pour résoudre des calculs complexe. Sans parler de la consommation énergique…

Une crypto-monnaie au caractère fongible

La fongibilité est une autre caractéristique importante de Monero. Qu’est-ce que la fongibilité ? Cela signifie que deux unités d’une monnaie ou d’une commodité peuvent être mutuellement substituées et qu’il n’y a pas de différence entre les deux. Par exemple, si vous prenez deux billets de 10 €, ils ne sont pas fongibles car chacun est unique. La valeur est la même mais pas le support. En revanche, deux onces d’or de même qualité sont fongibles, car les deux ont la même valeur et ne présentent aucun caractère distinctif.

En utilisant cette analogie, Monero serait l’once d’or tandis que, par exemple, le Bitcoin serait le billet de 10 €.

Conclusion

Les autres caractéristiques, telle que l’utilisation d’un hash différent de celui du Bitcoin, sont un peu trop techniques pour qu’elles puissent être évoquées dans un article généraliste.

Conclure sur Monero est complexe car ce protocole présente autant de potentialités que de risques. La certitude de voir sa transaction invisible est une garantie de confiance, l’assurance d’une indépendance absolue et une infaillibilité à toute épreuve.

Le problème est que le caractère anonyme est aussi une porte d’entrée rêvée pour les sites et échanges illégaux… Mais a-t-on interdit le principal actif des activités illégales, l’argent liquide ? Non. Il n’y a donc aucune raison de jeter Monero aux orties. Sa technologie représente en effet une véritable protection de la vie privée et pourrait s’imposer de plus en plus dans l’avenir.

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