4 raisons pour lesquelles la blockchain va révolutionner le secteur de l’énergie

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Mon précédent article annonçait la couleur. En évoquant les raisons pour lesquelles toute entreprise n’avait pas forcément besoin d’une blockchain, j’ai parlé des secteurs qui, de leur côté, pouvaient être révolutionnés par la blockchain. Parmi eux se trouvait le secteur de l’énergie.

Secteur clé par excellence, dont l’importance va en grandissant avec les inconvénients des énergies fossiles et l’avènement des énergies renouvelables, le secteur de l’énergie doit être réformé en profondeur. Problème, cette réforme souhaitable est le plus souvent bloquée par des intérêts économiques plus ou moins convaincants. La conséquence directe est la difficile mise en pratique de la transition énergique et l’absence totale d’énergies renouvelables dans des pays qui en auraient bien besoin.

Que vient faire la blockchain là-dedans me direz-vous ? En quoi cette technologie pourrait révolutionner le secteur de l’énergie ? Secteur très réglementé, la blockchain accompagnerait parfaitement une ouverture et une quasi personnalisation de l’offre et de la consommation d’énergie. En outre, cela favoriserait les énergies propres et permettrait à tous, sans distinction, d’avoir accès à l’électricité.

Le secteur de l’énergie doit profiter de la récente ouverture de l’autoconsommation en France

En France, certains vous diront que l’ouverture du secteur à la concurrence est déjà une modernisation en soi. Cela prêterait à sourire lorsque l’on voit la révolution qu’engendrerait la technologie blockchain.

On ne le sait peut-être pas mais, si l’on “autoconsomme” notre production, la revente de notre surproduction personnelle d’électricité non utilisée était totalement fermée avant le printemps 2017. Un décret a donné un cadre juridique à ce que l’on appelle l’autoconsommation collective.

Avant ce décret, la pratique de l’autoconsommation collective restait interdite en France. Aussi étonnant que cela puisse paraître, si vous produisiez de l’électricité et que vous souhaitez vendre le surplus, l’Etat ne pouvait être que le seul acquéreur ! Avec ce cadre légal offert par l’autoconsommation collective, le secteur s’est ouvert et vous avez la possibilité de vendre votre électricité auto-produite à votre voisin.

Toutefois, cette ouverture ne saurait occulter la difficulté à mettre en pratique cette autoconsommation collective : source d’énergie à utiliser, comment sécuriser et enregistrer les reventes, comment protéger les données, etc. Cela pourrait être un vrai casse-tête ! C’est là que la technologie blockchain intervient.

La blockchain comme technologie de base des nanogrids ou smart grids

L’entreprise TransActive Grid a compris la potentialité incroyable offerte par la blockchain pour le secteur de l’énergie. On parle alors de réseaux intelligents (smart grids). L’autoconsommation collective est grandement facilitée par la technologie blockchain. Je vais tenter de décrire rapidement comment fonctionne ce type de réseau.

Grâce, le plus souvent, à des panneaux photovoltaïques, 4 maisons assez proches et faisant partie du même quartier produisent chacune leur propre électricité. Il est aussi très important de noter que les propriétaires ont acquis des batteries assez puissantes pour pouvoir stocker leur production et la consommer, par exemple, de nuit. De fait, les propriétaires n’ont pas besoin de faire appel à un quelconque fournisseur d’électricité. Au-delà de l’autoconsommation, ces propriétaires souhaiteraient pouvoir s’échanger les éventuels surplus d’électricité. Une activité innovante mais ô combien complexe à mettre en pratique.

Grâce à la blockchain, tout ceci est simplifié. La technologie permet d’enregistrer les données de consommation exactes de chaque maison. Les éventuels surplus de production sont également enregistrés et distribués aux maisons qui en ont le plus besoin. Le tout est parfaitement optimisé et les transactions réalisées de manière automatique après accord des propriétaires concernés. Le rêve ? Cela existe déjà comme vu précédemment et des projets débarquent en France.

Bien entendu, tout n’est pas rose pour autant : amélioration de la capacité de production des panneaux et de stockage de des batteries, coût de l’installation photovoltaïque, barrière plus psychologique que juridique à se passer d’intermédiaires, gestion des données collectées… Casser ces obstacles semble nécessaire pour que les smart grids deviennent la norme dans les pays développés.

La blockchain comme une aubaine pour certains lieux isolés ou en développement

Si j’ai parlé de pays développés dans le paragraphe précédent, ce n’est pas un hasard. En effet, les smart grids pourront surtout permettre de révolutionner l’accès à l’électricité dans les pays en développement ou les lieux complètements isolés.

A notre époque, des centaines de millions de personnes n’ait pas accès à quelque chose d’aussi essentiel que l’électricité. Les causes sont multiples : manque de moyens, lieux ou îles complètement isolés voire corruption. Résultat, ces personnes vivent dans des conditions très difficiles, sans oublier que l’absence d’électricité n’est pas la seule difficulté à laquelle elles font face.

L’instauration d’un smart grid serait peut-être la réponse à une partie de ces difficultés. En effet, d’une part, la majorité de ces personnes privées d’électricité vivent dans des régions ensoleillées toute l’année. D’autre part, l’installation dans ces régions peu urbanisées est moins complexe qu’en ville. Surtout, l’arrivée de l’électricité permettrait de développer considérablement le village, le quartier ou l’île. Tandis que, mis à part une énergie plus propre, l’arrivée d’un smart grid ne changerait pas grand chose à Paris.

C’est ainsi que Solshare a mis en place un smart grid au Bangladesh. S’il y a eu certaines limites, cette initiative prouve que ces réseaux sont forts utiles dans les pays en développement. Et ce même si la blockchain n’était pas la technologie centrale du projet. La blockchain ne pourra donc qu’améliorer l’installation de ces réseaux.

La fin de la dépendance aux énergies fossiles favorisée par la blockchain

Les smart grids permettent aussi de regarder au-delà du petit quartier ou de l’île isolée. En effet, de nombreux Etats restent dépendants des voisins pour la fourniture d’électricité. Or, les énergies fossiles comme le charbon ou le nucléaire assurent quasi-exclusivement la fourniture. Avec l’instauration de smart grids un peu partout, l‘Etat élimine totalement ou presque sa dépendance énergétique. Mais il favorise aussi considérablement l’émergence des énergies renouvelables.

Les énergies fossiles ne sont pas très compatibles avec les smart grids. Le réseau étant resserré sur un simple quartier, il est difficile de trouver un gisement de pétrole tous les kilomètres ! Plus sérieusement, le développement des smart grids associés à la technologie blockchain va permettre de réduire considérablement la dépendance aux énergies fossiles, ce qui sera une bonne chose pour tout le monde, sauf les pétroliers… à moins qu‘ils ne se renouvellent.

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