4 façons de concevoir la blockchain pour les banques

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On le sait, le secteur bancaire et financier est probablement celui qui est le plus à même d’être concurrencé – ou disrupté – par la technologie blockchain. Aujourd’hui, à l’automne 2017, le monde des crypto-monnaies, incluant le Bitcoin, reste la seule application réelle et universelle de la blockchain. Notons toutefois qu’il existe des tentatives ici et là de plus en plus nombreuses et que l’année 2018 verra probablement d’autres secteurs commençant à se “blockchainiser” mais là n’est pas le sujet.

Le secteur bancaire se doit d’appréhender la technologie pour éviter d’être submergé par les nouveautés. Certes, les banques existeront toujours, peu importe l’avenir radieux (ou non…) des crypto-monnaies. Mais il est indispensable que le secteur adopte la blockchain pour qu’elle lui soit profitable. A l’aune des spécialités bancaires, l’on peut comptabiliser 5 activités qui pourraient profondément évoluer avec la blockchain.

Les modes de règlement

Le paiement est bien entendu l’activité à laquelle on pense en premier eu égard à l’émergence du Bitcoin et des crypto-monnaies. Ces dernières ne sont pas régulées par le secteur bancaire qui ne peut ipso facto contrôler la circulation de l’argent comme il le fait habituellement pour tous les autres modes de paiement, incluant les espèces puisqu’il faut bien tirer l’argent auprès d’un distributeur.

Pour le secteur bancaire, et notamment les banques centrales, la principale idée serait donc de créer une crypto-monnaie propre à une banque, un Etat ou une région. L’avantage serait alors de concurrencer les crypto-monnaies non régulées. Il y aurait alors fort à parier que la majorité du grand public fera plus confiance à une monnaie issue d’une banque qu’à une autre créée par des développeurs indépendants. Et ce, peu importe l’image dégradée des banques. Cela paraît caricatural mais combien de personnes se sont détournées des banques après la crise de 2008 ? Personnellement, je n’en connais aucune, moi inclus. Les banques auront donc toujours leur mot à dire.

Si les modes de règlement nationaux ne devraient pas, à court terme, réellement pâtir de l’émergence de la blockchain, c’est moins le cas pour les virements transfrontaliers. En effet, cela fait déjà plusieurs années que des start-up telles que TransferWise ou Worldremit ont détourné des millions de personnes de leur banque traditionnelle pour effectuer un virement vers un compte étranger. Elles permettent de réduire les deux principales difficultés : d’une part les frais bancaires astronomiques pour un simple virement, d’autre part la durée du traitement qui est en général de 10 à 15 jours. Ainsi, pour 3-4 € de frais, l’argent est envoyé vers un compte étranger en 2 ou 3 jours. Et une simple carte bancaire peut suffire ! L’arrivée de la blockchain dans ce secteur permettrait de réduire encore les frais, qui seraient alors proches de zéro, et le virement serait quasi instantané… Aux banques de prendre le bon train !

Les contrôles d’identité

La vérification d’identité reste une difficulté majeure pour les banques. La législation française a récemment évolué pour obliger les acteurs à contrôler la provenance des fonds. Plus généralement, cette pratique est aujourd’hui mondialisée et connue sous le nom de “knowyourcustomer” ou KYC. Le but est bien entendu d’éviter le blanchiment d’argent issu d’activités illicites telles que le terrorisme, la criminalité organisée ou encore les cartels de drogue.

A ce jour, l’idée d’un registre unique a fait son chemin mais, pour des raisons évidentes de sécurité, il ne fut jamais mis en place. La confidentialité des données est en effet primordiale et un réseau faillible serait une catastrophe. Que peuvent faire la blockchain et sa cryptographie dans ce domaine ?

D’une part, elle permettrait de réduire considérablement les coûts de vérification d’identité grâce à un système au fonctionnement plus simple et surtout bien plus sécurisé. La blockchain étant intrinsèquement un système infaillible, les coûts liés à la sécurisation des données se réduisent considérablement. Le registre serait en outre distribué et potentiellement consultable par toutes les parties y ayant un intérêt. Ce qui mettrait fin au système centralisé propre à une banque. Un individu ne pourrait alors pas avoir de “double-identité bancaire”, une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hide avec le côté bon au Crédit Agricole et le côté sombre à Scotiabank Panama (on caricature un peu) puisque les deux banques auraient accès au même registre.

Le financement du commerce

Dans le monde du commerce international, il existe le crédit documentaire, document indispensable pour qu’existe une transaction entre une importateur et un exportateur. Le papier est le support de base (factures, documents d’assurance et de transport, etc) et la procédure est longue (signature, vérification, contrôle de la marchandise, paiement…) car de nombreuses personnes doivent accéder à l’information de la manière la plus sécurisée possible. Or, à ce jour, seul le papier permet cette possibilité.

Avec une technologie blockchain au point, on imagine tout de suite les avantages indéniables. Fin du papier, vérifications et paiement instantanés car tout le monde peut avoir accès en même temps à la même information, depuis n’importe quel endroit sur la planète. L’objectif est simple mais compliqué : réunir une large panel d’acteurs et de banques pour que le registre soit important. A ce jour, c’est l’activité qui est la plus avancéz puisque des expérimentations existent déjà. Par exemple, la start-up israélienne Wave a mis en place une plate-forme blockchain qui a permis à la banque Barclays de valider une transaction de négoce. A suivre…

Les procédures de compensation et de règlement-livraison

Lorsque j’ai vu ces termes accolés pour la première fois, je confesse mon ignorance. Il a fallu que je me renseigne un peu pour comprendre que c’était une pratique courante et connue mais que l’on ne désignait pas avec un nom précis. Pour simplifier, la compensation permet à la banque ou à l’institution financière de recevoir les actifs correspondant aux transactions effectuées sur les marchés. Quant au règlement-livraison, elle permet la remise (ou livraison) d’un titre contre paiement afin de remplir les obligations contractuelles après la négociation d’une opération. Ce sont donc, par exemple, les opérations boursières classiques que n’importe qui peut effectuer quotidiennement.

Or, cette activité, si elle est lucrative pour la banque, coûte extrêmement cher, notamment, encore une fois, en raison des coûts liés à la sécurisation des transactions. La technologie blockchain pourrait révolutionner ce secteur de l’activité bancaire. En effet, la validation d’une transaction prend plusieurs jours en raison de la vérification des données. Une vérification qui deviendrait obsolète avec la blockchain, permettant un gain de temps et d’argent considérable. A ce jour, des projets existent mais il faudra plusieurs années pour en voir émerger un car le travail est immense.

 

2 comments

  1. Patrick d' Humières Reply

    Bonjour,
    à propos du financement du commerce et des entreprises en particulier, auriez vous des informations documentaires sur les mini bons (bons de caisse) et le financement que cela permet ? de même pour les intermédiaires qui proposent ce service via la blockchain ?
    Merci, bien cordialement.

    • Benjamin Post authorReply

      Bonjour Patrick,

      Merci pour votre message. Je n’ai pas étudié l’ordonnance relative aux bons de caisse, je ne pourrai donc vous renseigner. Il y a quelques articles juridiques disponibles sur des plateformes telles que Dalloz ou LexisNexis mais, sauf miracle, les articles ne sont pas disponibles gratuitement.

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