Commerce international des matières premières et blockchain

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A la suite de la publication de nombreux articles, comme celui-ci, sur le sujet, j’ai décidé de consacrer un article à la thématique des matières premières. Pourtant, le sujet n’est pas forcément celui-ci qui me passionne le plus. En effet, les matières premières comme le pétrole sont souvent en opposition avec les énergies renouvelables. Or, cette dernière thématique est vitale pour l’avenir de la planète et m’intéresse bien plus.

Je pars donc avec un a priori plutôt négatif sur le sujet. Alors que la blockchain est une technologie de rupture, pourquoi devrait-elle optimiser un secteur dépassé et polluant ? J’ai tenté de synthétiser les dernières infos, les projets et de donner mon avis sur cette thématique.

Les difficultés du secteur des matières premières à résoudre pour la technologie blockchain

Sans forcément avoir fait le lien avec les matières premières, j’avais déjà abordé le sujet dans un précédent article. Dans le monde du commerce international, il existe le crédit documentaire, document indispensable pour qu’existe une transaction entre un importateur et un exportateur. Le papier est le support de base (factures, documents d’assurance et de transport, etc) et la procédure est longue (signature, vérification, contrôle de la marchandise, paiement…) car de nombreuses personnes doivent accéder à l’information de la manière la plus sécurisée possible. Or, à ce jour, seul le papier permet cette possibilité.

Le financement des matières premières est fondé sur le crédit documentaire. Il est donc aisé d’imaginer les nombreux obstacles pour soit réalisée chaque transaction. Ne parlons pas du nombre de papiers utilisés qui pourrait faire pleurer une forêt entière ! Corollaire de l’émission de  nombreux papiers, le processus peut être extrêmement long et in fine peu efficace. La blockchain pourrait donc résoudre une bonne partie de ces difficultés.

Les promesses de Komgo pour assurer une fluidité du financement des matières premières par la blockchain

Les apports de la technologie blockchain ont déjà été maintes fois abordés sur ce blog. Traçabilité, transparence, fiabilité, infalsifiable… Tant d’éléments rassurants pour instaurer de la confiance de le financement des matières premières.

C’est ainsi qu’a été fondée la plateforme Komgo en septembre 2018. Komgo est une sorte de conglomérat réunissant banques, dont BNP Paribas et la Société Générale, banques de négoces, spécialistes du trading ou encore le pétrolier Shell. Grâce à Komgo, au lieu de partager une montagne de documents entre une longue liste de parties, un commerçant pourra utiliser une lettre de crédit numérique. Celle-ci sera accessible aux parties intéressées par la négociation, ce qui accélérera considérablement les transactions. Ainsi, Komgo fournira le financement par blockchain pour toutes les matières premières et pourra évoluer vers de nouvelles commodités, dont certaines encore émergentes. La plate-forme sera développée en partenariat avec l’entreprise de technologie blockchain ConsenSys.

Les blocages potentiels pour le financement des matières premières par la blockchain et Komgo

Tout ceci semble bien joli et prometteur. Oui, le financement du commerce international, et plus particulièrement des matières premières, est un véritable chantier. Il est surtout totalement dépassé et doit être réformé en profondeur. La technologie blockchain est une technologie de rupture pouvant permettre cette révolution.

Néanmoins, en ce qui concerne les matières premières, nous sommes plus proches du monde des Bisounours que de la réalité. En effet, d’une part, les producteurs restent très liés aux Etats auxquels ils sont rattachés voire sont des entreprises purement nationales. Or, il est aisé de comprendre que la blockchain ne pourra pas, à elle seule, résoudre la bureaucratie et la lenteur régnant de la domaine étatique. D’autre part, si les fintechs pointent le bout de leur nez, le monde bancaire reste, lui aussi, très traditionnel. En combinant ces deux éléments, on a alors affaire à deux secteurs sclérosés à réformer, ce qui n’est pas une mince affaire.

Par ailleurs, il ne faut malheureusement pas occulter que ce secteur peut être gangrené par la corruption dans certains pays. Or, la blockchain est typiquement la technologie anti-corruption et l’imposer à tous ne sera pas une mince affaire. Enfin, si Komgo s’ouvre rapidement aux énergies renouvelables, la plateforme sera une superbe réussite. Mais, si elle ne permet que d’améliorer le financement des matières premières, elle ne fera que prolonger le règne des énergies fossiles. Et cette dernière option est loin d’être souhaitable… Tout ceci ne sont que des avis très subjectifs, je le conçois !

La réussite souhaitable du financement des matières premières par la blockchain

Ce dernier paragraphe plutôt négatif ne doit pas faire oublier que Komgo est un projet ambitieux. En effet, il est aisé de retourner les affirmations précédentes dans un sens contraire. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, le pétrole, le gaz, le charbon ou le nucléaire tiennent encore une place très importante dans notre vie de tous les jours. A titre d’exemple simple, je ne serai pas en mesure d’écrire ces lignes sans probablement l’énergie nucléaire qui représente près de 80 % des sources d’énergie en France.

Même lorsque l’on est pro-renouvelable comme moi, il faut tenir compte de cette réalité. En améliorant le processus de financement et le crédit documentaire, ce serait un grand pas de fait vers des transactions plus efficaces, moins gourmandes en énergie et surtout plus transparentes.

Komgo a des défauts, notamment le fait d’être financée par un consortium de banques et de pétroliers. Mais Komgo est une bonne initiative pour un secteur qui semblait totalement rétif au changement. Saluons donc cette initiative.

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