Les 4 idées reçues notoires sur le bitcoin

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Depuis quelques semaines, surtout depuis sa flambée du mois de novembre, les médias grands publics n’ont d’yeux que pour le bitcoin. On ne compte plus les émissions dites classiques, comme celle d’Yves Calvi, consacrant un débat toujours intéressant sur les crypto-monnaies… enfin surtout sur le bitcoin, avouons-le.

La chose que l’on remarque immédiatement est que les arguments des uns et des autres n’a pas évolué depuis belle lurette. Les anti campent sur leurs positions initiales : c’est une bulle,  c’est comme la crise des tulipes en 1637, ça ne vaut rien, c’est anonyme, c’est pour les terroristes, c’est une catastrophe écologique, etc… Les pros tentent tant bien que mal d’expliquer ce qu’est le bitcoin, à quoi il sert, pourquoi sa valeur est réelle, qu’il a déjà subi plusieurs bulles, etc… Bref, il est difficile d’y voir clair !

Je me suis donc modestement penché sur une tentative de démêler le vrai du faux dans ces arguments. Il revient notamment à casser les 4 idées reçues notoires qui pullulent depuis plusieurs mois voire des années. On peut en ajouter une 5ème, bien que celle-ci n’ait pas de réponse claire.

Idée reçue n° 1 : le bitcoin est anonyme

Cette incongruité se retrouve bien plus rarement sur internet que sur les plateaux de télévision. Encore que, Le Monde peut lui-même expliquer que le bitcoin est anonyme mais en fait non… Toutefois, je ne compte plus le nombre de “financiers”, “experts en placement” et autres soi-disant connaisseurs du milieu avancer, sans aucun doute de leur part, que le bitcoin est anonyme.

Il est temps, une bonne fois pour dire, de casser cette bêtise. NON, le bitcoin n’est pas anonyme ! Il est pseudonyme. Le blockchain Bitcoin, que vous pouvez télécharger gratuitement, est accessible à tous. Toutes les transactions y sont répertoriées. Par exemple, vous pourriez y trouver que 684f5g67gf57 a envoyé X BTC à ze7d6f45d64 le 21 novembre 2016 à 12h42.

La difficulté est de savoir qui se cache derrière 684f5g67gf57 et ze7d6f45d64. Pour cela, il est nécessaire de faire appel à des experts en cryptographie. Et c’est en grande partie grâce à un déchiffrage minutieux de ces clés que le site Silk Road est tombé et que son fondateur est aujourd’hui en prison à vie… Comme quoi, les billets de banque auraient été plus utiles aux trafiquants !

Idée reçue n° 2 : le bitcoin est une monnaie

Tiens, je me place du côté obscur des anti-bitcoin ? J’avais déjà émis mes doutes sur cette thématique

D’un point de vue juridique, le bitcoin pourrait être considéré comme une monnaie électronique. Ceci en vertu de l’article L. 315-1 du code monétaire et financier qui définit ladite monnaie électronique. Sauf que la loi du 28 janvier 2013 ayant instauré cet article est en fait la transposition d’une directive européenne de… 2009. Il est peu probable que le législateur européen ait eu vent du bitcoin l’année même où celui-ci fut créé.

Cette définition a toutefois l’avantage d’être assez large et il n’est alors pas juridiquement faux d’y placer les crypto-monnaies. Le problème est plutôt ailleurs.

D’un point de vue pratique, le bitcoin est plus un actif financier voire une commodité, qu’une monnaie. Les raisons sont multiples. Tout d’abord, sa volatilité aiguë est bien trop dangereuse pour en faire une monnaie au même titre que l’euro. Quant une monnaie “classique” subit une volatilité extrême, elle disparaît, comme feu le dollar du Zimbabwe. Pays où le bitcoin devient d’ailleurs un moyen de paiement fortement apprécié… Il semble donc impossible au bitcoin de surpasser l’euro ou le dollar américain car ces monnaies sont effectivement stables.

Deuxièmement, la valeur du bitcoin est trop élevée pour les achats courants. Que diriez-vous de payer votre café 0,001 BTC ? Cela n’a aucun sens pratique.

Troisièmement, les frais de transaction du bitcoin ont augmenté. Bien entendu, ils sont bien moins élevés que les frais bancaires pour les virements internationaux. Mais les frais de transaction du bitcoin sont quasi-fixes. Ainsi, les frais seront identiques pour transférer 1 ou 0,0001 BTC. Qui accepterez de payer son café 1 € + 3 € de frais de transaction ? Pas grand monde… et c’est sans doute la raison pour laquelle le bitcoin est peu accepté comme moyen de paiement.

Le bitcoin est donc plutôt un actif financier, une commodité… comme l’or. J’en avais d’ailleurs parlé il y a plusieurs mois.

Idée reçue n° 3 : le bitcoin n’est pas sécurisé

Certes, cette idée reçue est de moins en moins évoquée par les grands médias. Pourtant, le très sérieux Alternatives Economiques est tombé dans le panneau dans un article très récent… Alors faisons simple pour expliquer pourquoi le protocole bitcoin est infalsifiable alors que leur détention ne l’est pas.

Le protocole bitcoin, fondée sur la blockchain du même nom, n’a jamais été mis en péril depuis sa création. Sa sûreté et sa sécurité ne sont plus à démontrer. Pour le pirater, il faudrait une puissance supérieure à tous les ordinateurs du réseau bitcoin. A l’heure actuelle, même Google n’a pas cette puissance. Le risque avéré serait qu’un pool de mining tienne 51 % ou plus du marché du minage et validerait des transactions frauduleuses. La conséquence immédiate serait la perte de confiance dans le bitcoin car on serait très vite mis au courant de la supercherie. Et beaucoup se débarrasseraient de leurs bitcoins dont la valeur serait réduite à néant.

La détention des bitcoins est, quant à elle, plus ou moins sécurisée. Les cas de vols de bitcoins existent et celui du Français Mark Karpelès, ex-patron de MtGox, est sans doute le plus connu. Les bitcoins possédés sont-ils alors en sûreté ? Pour faire simple, évitez de les laisser sur une plateforme d’échange (Kraken, Coinbase…) dont le risque de piratage est réel. Une appli mobile telle que MyCelium reste une valeur sûre mais pas totalement insensible à un éventuel piratage de votre téléphone. La sûreté absolue réside dans les wallets tels que ceux proposés par Ledger. Il n’est pas nécessaire de développer plus sur le sujet dans cet article.

Idée reçue n° 4 : le bitcoin est très polluant

On rentre dans un sujet bien plus sensible, à savoir la consommation électronique du bitcoin. Il ne serait pas judicieux de nier que l’activité de minage consomme une quantité astronomique d’électricité. Une transaction nécessiterait environ 215 KiloWattheures (KWh), soit plus 24 TéraWattheures (TWh !!) pour l’ensemble des transactions sur un an. Autant que… le Nigéria et ses bientôt 200 millions d’habitants !

Les chiffres donnent le tournis et font même froid dans le dos. Imaginez la quantité de charbon ou du nucléaire pour miner des bitcoins… Sauf que cela n’est pas aussi simple.

Je ne vais pas répéter ce que dit cet article très intéressant sur le sujet. Non, le bitcoin n’est pas un gouffre écologique. En effet, comme l’expliquent également Philippe Rodriguez et Laurent Leloup dans leurs excellents ouvrages sur la blockchain, les fermes de minage chinoises fonctionnent pour certaines à l’énergie solaire. Oui, d’autres fonctionnent encore au charbon car cela n’est pas cher mais l’énergie solaire prend une part de plus en plus importante. Autre exemple, le data center islandais fonctionne à l’énergie géothermique.

Alors oui, il est indispensable de réduire le consommation électrique en faisant évoluer les systèmes de validation. Mais ne croyez pas que le bitcoin pollue plus que l’industrie ou l’élevage intensif.

Idée reçue bonus : le bitcoin est une bulle spéculative

Ah le bitcoin, cette belle bulle qui va éclater ! On entend cette chanson lancinante tous les jours… Pourtant, la réponse est impossible à donner.

Tout d’abord, le bitcoin est-il une bulle ? Objectivement, oui… Aujourd’hui, les nouveaux acheteurs sont dans l’espoir de voir la valeur du bitcoin augmenter… grâce à de futurs acheteurs. Et ainsi de suite. Toute la valeur du bitcoin n’est fondée que sur l’offre et la demande. Ainsi, pour espérer un gain, il est essentiel qu’il y ait de nouveaux acheteurs. Un jour, il semble certain que les nouveaux acheteurs se feront moins nombreux. Mais quand ? Personne ne peut le dire… Le bitcoin pourrait alors monter à 10 000, 15 000, 30 000, 50 000, 100 000 €… ou descendre subitement d’un coup. Je suis néanmoins optimiste pour la fin 2017 et la première moitié de l’année 2018. Le bitcoin reste encore marginal, sa popularité ne peut que s’accroître.

En outre, le bitcoin a déjà subi plusieurs bulles ! Ou plutôt des krachs. En effet, sa valeur est déjà passée de 20 à 10 € en juin 2011, de 200 à 80 € en avril 2013, de 900 à 200 € sur l’ensemble de l’année 2014, de 3000 à 1700 € en juillet 2017 et même de 7500 à 4400 € en novembre dernier (ces chiffres sont des environ, je n’ai pas revérifié l’exactitude mais je n’en suis pas loin). Et vous savez quoi ? Le bitcoin va encore se vautrer lourdement… et remonter. Ces chiffres montrent que le bitcoin est une unité étonnante faite de très hauts et des krachs, de bulles, d’emballement… On pourrait dire de n’importe quoi. Et c’est ce n’importe quoi qui en fait un actif à la fois tellement attirant mais tellement dangereux.

Paradoxalement, plus le bitcoin a de détracteurs, plus sa valeur restera élevée. En effet, l’humain a toujours tendance à aller contre la doxa majoritaire… Le jour où les banquiers seront enchantés de proposer des placements en bitcoin, où les experts télé-compatibles seront pro-bitcoin, il entrera probablement en phase terminale.

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