Voici pourquoi les crypto-monnaies ne sont pas prêtes de remplacer les devises traditionnelles !

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Certes, l’idée de cet article m’est venue suite à une actualité peu glorieuse pour les crypto-monnaies. Néanmoins, l’objectif avoué est que ce billet ne soit pas lié limité dans le temps. Je vais donc me concentrer sur les raisons pour lesquelles les crypto-monnaies ne sont pas prêtes de remplacer les devises traditionnelles.

Vous allez probablement vous demander pourquoi un enthousiaste des cryptos se met à écrire un pamphlet digne de la Banque de France. D’autant que ceux qui me lisent régulièrement se souviennent peut-être que j’ai déjà rédigé un article sur un sujet similaire ! Néanmoins, contrairement au précédent, l’objectif sera de mettre en perspective ce qui fait défaut dans les crypto-monnaies face aux monnaies fiat. En effet, disons-le de suite : les crypto-monnaies n’ont pas vocation à remplacer les devises traditionnelles mais plutôt à coexister avec elles.

Le monde des crypto-monnaies reste opaque et peu compréhensible du grand public

Certes, les crypto-actifs, dénomination officielle des autorités, ne sont plus rejetés en bloc par les politiques. On en discute, des rapports officiels ont même été rédigés. Néanmoins, force est de constater que d’aucuns n’y comprennent pas grand chose. Il faut dire que le grand public n’est pas aidé par les médias traditionnels, plus enclins à parler des innombrables krachs que des opportunités offertes par les cryptos. Aussi le domaine bancaire, tiers de confiance malgré lui pour les citoyens, reste, en France, braqué contre le monde blockchain, incluant les entrepreneurs du secteur.

Mais il faut pas justifier cette opacité par la seule faute des autorités et des banques. Les crypto-monnaies n’ont pas encore réussi à faire passer la technique au second plan. Aujourd’hui, tout le monde sait envoyer un email sans connaître le protocole SMTP, tout le monde sait naviguer sur internet sans connaître le langage HTML et, plus historique, tout le monde (sauf un Parisien sur deux 🙂 ) sait démarrer une voiture sans connaître les entrailles du moteur à explosion. Or, utiliser des crypto-monnaies n’est pas quelque chose d’aisé au premier abord et il est toujours essentiel de comprendre les rouages de la technologie blockchain avant de pouvoir régler ses achats en bitcoins.

Les crypto-monnaies restent des actifs ultra volatiles

Je pense l’avoir dit et répété de bien trop nombreuses fois. Le problème sempiternel des crypto-monnaies reste leur volatilité allant au-delà de la logique d’un marché même non soumis aux lois usuelles. En effet, il ne se passe pas une journée sans que la courbe du bitcoin et consorts s’envole dans un sens comme dans l’autre. Tout le contraire des devises traditionnelles où, mis à part quelques krachs, la réputation d’actifs stables ne peut être contestée.

En conséquence, cette volatilité fait fuir l’immense majorité qui recherche un moyen de paiement sûr. Par sûreté, on n’entend pas forcément la sécurité, que n’est bien entendu pas remise en cause, mais la valeur de la crypto par rapport à la devise de facto de référence. Si cette valeur continue à différer sensiblement d’un jour à l’autre voire d’une heure à l’autre, les crypto-monnaies auront du mal à gagner la confiance du grand public. Pourtant, c’est justement la confiance que met en avant la technologie blockchain…

Les crypto-monnaies ont besoin de stabilité. Aujourd’hui, la moindre information, sans même parler des forks, leur donne des ailes de taureau rouge d’Autriche et les courbes sont parfaites pour des séances d’orthoptie, un peu moins pour faire des cryptos des monnaies comme les autres.

Les crypto-monnaies restent indirectement indexées sur le cours du bitcoin

Ce problème est peu souligné ailleurs. Peut-être parce que ce n’est pas un problème en soi ? Pourtant, force est de constater que l’ensemble des crypto-monnaies, ou du moins les plus importantes, suivent des courbes identiques. Je parle bien des plus importantes car, comme vous le savez probablement, il existe des milliers de crypto-monnaies… et toutes ne suivent pas une courbe identique ! Cette multiplication des cryptos est d’ailleurs un problème en soi mais c’est un autre sujet.

La question à se poser est alors de savoir si cette similarité est réellement causée par une indexation indirecte sur le cours du bitcoin. La réponse n’est pas aussi simple que l’on pourrait le penser mais j’ai tendance à dire oui.

En effet, d’une part, les informations faisant évoluer le cours des crypto-monnaies concernent en général le seul bitcoin. Bien entendu, les médias assimilent en général les cryptos au seul bitcoin. Mais l’on remarquera que les nouvelles concernant Ethereum ou Monero n’ont pas le même effet domino que celles relatives au bitcoin. D’autre part, après une chute, la tendance à repartir à la hausse est amorcée par le bitcoin. En conséquence, l’indépendance des autres cryptos-monnaies par rapport au bitcoin ne serait pas de trop. Même si, je le conçois, cette difficulté n’est pas la principale et qu’elle est même contestable sur l’interprétation que j’en fais.

Les crypto-monnaies sont une affaire d’investisseurs

Cela pourrait être une sorte de conséquence des points précédents. En raison de toutes ces difficultés, les crypto-monnaies semblent être l’affaire d’investisseurs spéculatifs à la recherche de gains rapides. C’est la raison pour laquelle de nombreux escrocs pullulent sur internet, vous promettant monts et merveilles, gains importants et toute autre supercherie, alors que nous sommes aujourd’hui incapables de dire à quelle valeur sera le bitcoin demain par rapport au dollar.

Les achats en crypto-monnaies sont donc très marginaux, de l’ordre du résiduel. Entre l’instabilité du cours et les frais de transaction pouvant être assez élevés, vous n’avez aucun intérêt à payer votre café en bitcoin. C’est d’ailleurs pour cette raison que Martin Della Chiesa et ses acolytes, dans le livre que j’ai rapidement présenté dans un précédent article, ont estimé que le paiement en bitcoin s’apparentait plus à une transaction de grande envergure telle qu’une transaction immobilière.

Tant que la spéculation l’emportera sur la volonté d’effectuer des transactions en crypto-monnaies, ces dernières resteront très confidentielles.

Conclusion

Si vous m’avez lu jusqu’au bout (j’ai été moins long que d’habitude 🙂 ), vous observerez sans doute que le titre de l’article était quelque peu provocateur. Non, je ne cherche pas à justifier comment les crypto-monnaies vont remplacer les devises traditionnelles. La raison est que, tout simplement, je ne pense pas les cryptos soient destinées à remplacer l’euro et consorts. J’envisage plutôt une coexistence entre les deux. Le bitcoin a souvent été comparé à l’or et j’ai également écrit à ce sujet. Pour cette raison, utiliser une crypto-monnaie comme un moyen de paiement ordinaire me semble, à l’heure actuelle, plutôt utopique.

Pourtant, les problèmes que je présente sont bien réels. Je m’efforce à toujours à me mettre à la place du grand public et non pas à celle des connaisseurs, des pro ou des anti. Pour le grand public, les crypto-monnaies ne sont pas sûres, tout simplement parce qu’il en ignore ses potentialités et/ou parce qu’il est apeuré, à juste titre, par une courbe digne d’Europa-Park. Et si le salut était dans une nouvelle crypto-monnaie instituée par une Banque centrale ? En terme de volatilité et de confiance, l’on aura probablement marqué un point. En revanche, les valeurs issues du white paper de Satoshi Nakamoto seront sacrément bafouées. Affaire à suivre…

2 comments

  1. Tyler Reply

    Curieux que ce genre d’article n’est pas été écrit aux mois de décembre/janvier dernier… Car, les arguments défendus ici étaient déjà d’actualités à cette période.

    • Benjamin Post authorReply

      Comme je l’ai souligné, j’en avais déjà écrit un précédemment sur un sujet assez proche. Mais je pense que l’on pourra avancer les mêmes arguments l’année prochaine…

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