Présentation du livre “Life After Google” de George Gilder

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Afin de renouveler un peu le blog, j’ai décidé de vous présenter un livre qui pourrait intéresser la communauté. A l’avenir, j’essaierai de me prêter au jeu de la présentation d’ouvrages sur la thématique blockchain. Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler du livre de George Gilder, “Life after Google : The Fall of Big Data and the Rise of the Blockchain Economy”. Sorti à l’été 2018 aux Etats-Unis, ce livre a fait sensation dans le crypto-milieu.

Qui est George Gilder ?

Né en 1939, George Gilder est un écrivain, économiste américain et cofondateur du Discovery Institute. Son best-seller international Wealth and Poverty, publié en 1981, a présenté des arguments pratiques et moraux en faveur de l’économie de l’offre et du capitalisme au cours des premiers mois de l’administration Reagan. Au cours des quatre dernières décennies, Gilder a été l’un des écrivains les plus influents en matière de croissance et de prospérité économiques, et a joué un rôle de premier plan dans la créativité technologique.

Pourquoi ce livre devrait vous intéresser ?

Les ouvrages consacrés à la technologie pullulent depuis l’année 2017, encore plus si l’on inclut ceux en anglais. Leur objectif principal est de présenter la technologie et ses apports. Ce qu’ils font souvent bien. Le livre de Gilder aborde le sujet différemment. Il part du postulat que l’internet Google, fondé sur les publicités ciblées grâce à la collecte de données personnelles, n’est pas tenable à long terme. La technologie blockchain serait alors la technologie pouvant remplacer, à terme, cette économie du numérique. En voici donc ma présentation, que j’ai voulue simple à lire mais assez longue car je consacre un paragraphe aux chapitres que j’estime les plus intéressants. L’objectif est d’égayer votre curiosité et d’acquérir le livre pour en savoir plus !

Chapitre 1 : Don’t Steal this Book

Dans ce chapitre, l’auteur aborde sa crainte de l’intelligence artificielle érigée en Saint Chrême par les leaders de la Silicon Valley. En effet, l’intelligence artificielle, plus intelligente que l’Homme, serait censée remplacer ce dernier.

Gilder estime qu’il s’agit d’une théorie néo-marxiste, pourtant portée par les capitalistes les plus avides de la planète. Il démontre, à travers divers exemples, que c’est une fumisterie. Je précise que Gilder met l’auteur Yuval Noah Harari dans le même panier en raison de son livre Homo Deus. Je doute que Gilder ait bien lu Homo Deus. Si le livre de l’auteur israélien démontre en effet que certains éminents esprits de la Silicon Valley cherchent à ce que l’Homme se surpasse et devienne un dieu, il en dénonce les dérives.

Chapitre 2 : Google’s System of the World

Ce chapitre introduit des termes et théories peu compréhensibles comme l’entropie thermodynamique ou les pensées de Newton. L’auteur explicite la théorie de l’information, des auteurs allemands comme Gödel à son théoricien Claude Shannon. Son application ultime serait le System of the world de Google. L’auteur démontre alors pourquoi la gratuité des principaux services de Google est un mythe. Chapitre difficile à lire et à comprendre, il s’avère néanmoins essentiel pour bien comprendre la pensée de l’auteur.

Chapitre 3 : Google’s Roots and Religion

Gilder explique la philosophie de la domination de Google et se met notamment en opposition avec la théorie de la singularité de Kurzweil. Pour Gilder, le génie de Larry Page et Sergey Brin, fondateurs de Google, a été d’inventer la publicité ciblée associée à un moteur de recherche. Ceci a permis à Google de conserver son modèle gratuit. Enfin, Gilder compare les 10 principes de Burning Man avec ceux de Google. Ce chapitre montre assez clairement les fondations de l’empire Google selon l’auteur.

Chapitre 5 : The Ten Laws of the Cryptocosm

Ce chapitre est le point central de la théorie de Gilder : le “cryptocosme” (ou le monde des cryptomonnaies). Google serait en opposition totale avec les 10 lois du cryptocosme. Je ne vais pas vous le cacher, ce chapitre est accessible gratuitement en ligne… Gilder se contredit un peu, lui le chantre du rien n’est gratuit 🙂

Chapitres 6 à 8

Très techniques, j’ai choisi de ne pas résumer ces chapitres car cela s’apparenterait à un roman. Ils présentent en des termes soutenus le fonctionnement, par exemple, des serveurs Google. Je vous invite à découvrir ces chapitres par vous-mêmes dont, parmi eux, se trouve le plus long du livre, intitulé Markov et Midas.

Chapitre 9 : Life 3.0

Gilder revient à nouveau sur l’IA et plus particulièrement sur la conférence d’Asilomar qui s’est déroulée en 2017. Une nouvelle fois très critique sur l’intelligence interficielle, les Google brains et leurs amis, ils s’amusent, à juste titre, des inquiétudes avancées par ces personnes. En effet, ce sont ceux qui veulent développer une IA “supérieure à l’humain” qui s’inquiète des potentielles dérives ! Le nom du chapitre fait écho au livre du cosmologiste Max Tegmark, dans lequel il présente l’humain dans un monde dominé par l’intelligence artificielle. La théorie de Tegmark, que vous trouverez via ce lien, est très critiquée par Gilder qui s’en amuse.

Chapitre 11 : The Heist

Gilder choisit soigneusement son titre pour introduire le Bitcoin : le casse ! Pour Gilder, le protocole Bitcoin est l’avènement d’une nouvelle ère. Il ose un comparatif entre la communauté bitcoin et celle des MMORPG (ou Meuporg pour les nostalgiques), bien qu’il soit fort limité à mon goût. Ce chapitre est une sorte de transition entre les 10 premiers, centrés sur Google et l’IA, et les suivants, plutôt sur la blockchain et le futur en général.

Chapitre 12 : Finding Satoshi

Un chapitre étonnant où Gilder part à la recherche du mystérieux Satoshi Nakamoto. Parvenu à son Graal, il le rencontre, dans son imaginaire, deux fois. Il le décrit à sa façon. À travers ce dialogue supposé, Gilder nous donne sa vision de la blockchain.

Chapitre 13 : Battle of the Blockchains

Gilder rentre dans le vif du sujet et met en opposition le génie Vitalik Buterin, qu’il admire, à l’usurpateur Craig Wright, qu’il n’apprécie guère. Pour rappel, Wright s’est autoproclamé Satoshi Nakamoto, ce que Gilder ne croit pas (et ce qui n’a pas aidé Wright). Je partage sa vision sur Buterin, doté d’une intelligence bien supérieure à la moyenne et dont la blockchain a grand besoin. Le chapitre évoque aussi d’autres points importants, que je vous laisse découvrir.

Chapitre 18 : The Rise of Sky Computing

George Gilder compare l’architecture internet avec celle de la blockchain. Il explique pourquoi, si celle de l’Internet permet tout faire gratuitement, elle est très imparfaite. Pour Gilder, il serait alors impossible d’y établir une base de données immuable, contrairement à l’architecture de la blockchain. Ce dernier point permettrait d’éviter la création d’immenses datacenters pour stocker les données.

Chapitre 19 : Neutering the Network

Gilder évoque, entre autres, les apports de la technologie 5G qui seraient positifs pour la blockchain mais pas vraiment pour Google. Un chapitre un peu historique, enore une fois très technique et fort intéressant.

Chapitre 22 : The Bitcoin Flaw

L’un des chapitres les plus intéressants du livre à mon goût. Gilder effectue une comparaison entre le bitcoin et l’or. Pour Gilder, comme l’or, le bitcoin ne peut servir d’intermédiaire entre les échanges car il s’apparente à un étalon comme l’or. Ainsi, les crypto ne sauront pas des monnaies classiques sans intermédiaire entre épargnants et investisseurs. Il appuie son point de vue sur les théories de Michael Kendall, notamment celle relative au bitcoin déflationniste.

Chapitre 23 : The Great Unbundling

Dans ce chapitre, Gilder présente différents projets en cours, plus particulièrement autour des cryptos.

Epilogue : The New System of the World

Gilder aboutit à la conclusion que le nouveau système qu’il décrit, et souhaite, est à l’opposé de celui de Google. Vous l’auriez déviné… 🙂

Mon avis

La lecture n’est pas aisée. D’une part, même avec un niveau d’indépendance très avancé en anglais, la langue de Shakespeare a certaines subtilités que seuls de vrais billingues ou des linguistes peuvent comprendre sans certaines hésitations que j’ai eues. D’autre part, il y a de nombreux vocabulaires techniques, peu compréhensibles pour certains.

Gilder est une personne réputée dans le milieu de la tech. Il est présent depuis plusieurs décennies et il est écouté. Loin d’être angélique sur la blockhain, il explique les raisons pour lesquelles cette technologie va, selon lui, surpasser ou remplacer le hype de l’intelligence artificielle. Sans être forcément en accord sur tout, force est de constater que ses arguments et ses exemples sont percutants. L’opposition entre le monde Google, tel qu’il le décrit, et le monde post-Google est le coeur du livre et il le décrit très bien.

Le seul reproche que je ferai à Gilder est sa véritable haine pour tout ce qui entoure, de près ou de loin, Google. Certes, la firme de Mountain View est loin d’être exempte de tout reproche. Mais en faire le diable n’est pas la meilleure réponse à apporter. En outre, certains exemples sont peu pertinents. Gilder semble d’ailleurs plus un anti-Google qu’un pro-Blockchain… mais ce n’est que mon avis 🙂

En conclusion, si vous aimez la blockchain, si vous détestez Google (mais si vous l’aimez, ça passe aussi !) et 250 pages sur l’opposition entre ces deux mondes vous passionne, ce livre est fait pour vous en cliquant sur ce lien !

2 comments

  1. boubaiwatta Reply

    Bonjour Benjamin, content de te retrouver, bonne initiative cette présentation d’ouvrage, merci pour le partage.

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